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Durchblick 8+ – Azur und Asmar – Michel Ocelot – Frankreich 2006 – 95 min.

7.2 Infobogen: Interview mit Michel Ocelot zum Film „Azur et Asmar“ für Französischlehrer/innen

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Entretien avec Michel Ocelot

Aimiez-vous les contes des mille et une nuits quand vous étiez enfant?

Michel Ocelot: Je ne les connaissais que vaguement. J’avais un livre pour enfants d’après «Aladin et la Lampe Merveilleuse». C’est plus tard que j’ai lu en entier la première traduction de ce document, la plus connue, celle d’Antoine Galland. Elle eut un succès foudroyant en France, sous Louis XIV, succès qui s’est répandu dans le monde entier, à partir de cette adaptation française, dont le style raffiné — il s’agissait de plaire à la cour de Versailles — ne rendait pas compte de la truculence de l’original, mais avait son charme. L’engouement planétaire a rejoint le monde arabe, qui ne s’était jamais penché sur cette recension d’histoires populaires, et qui s’est mis à en écrire des versions originales, postérieures à la publication de Galland... J’ai lu ensuite la traduction contemporaine de Roger Khawam, qui elle était fidèle au style original. Les deux versions m’enchantent.

 

Comment vous est venu l’idée d’Azur et Asmar?

Michel Ocelot: Faire un long métrage en dessin animé, c’est consacrer six ans de sa vie à un sujet. Il faut que cela en vaille la peine. Le sujet qui me tenait le plus à coeur? D’une part, tous ces gens qui se détestent — ils ont été élevés comme cela —, qui se font la guerre, d’autre part, les individus, des deux côtés, qui ne suivent pas, et qui s’estiment, s’aiment par dessus les barbelés. C’est cela qui me touche au plus profond. J’ai d’abord pensé à la France et l’Allemagne, mais on l’a déjà tellement fait, et nous som­mes désormais tellement en paix, que je n’ai pas eu envie de revenir sur ce passé lamentable et révolu. J’ai envisagé ensuite d’inventer un pays ennemi, avec une fausse langue étrangère. Inventer un pays ennemi, quelle triste idée! Inventer une langue fausse, quelle mauvaise idée, une veritable langue est tellement plus intéresante! Et j’ai pensé à la vie quotidienne, en France, et dans le monde. Il ne s’agissait plus de traiter d’une guerre déclarée, mais d’une animosité ordinaire, entre citoyens de souche et citoyens récents, et, poussant plus loin, mais parallèlement, entre occident et moyen-orient. J’avais mon sujet! Une réalité brûlante, à traiter en conte de fée merveilleux. J’observe, avec tristesse, et agace­ment, la mauvaise entente ambiante, qui est artificielle. Je connais le sujet, j’ai été moi-même bêtement hostile, au lieu d’être heureux: en effet, après une enfance africaine dans une petite ville, une petite école, je me suis retrouvé dans une grande ville, dans un lycée-usine, sous un ciel gris. Je ne connaissais pas les codes, j’étais souvent puni, tout en étant le plus innocent de l’établissement.

 

Pour quelles raisons étiez-vous puni?

Michel Ocelot: J’ai oublié! Je me rappelle quelques punitions pour insolence. Je faisais probablement des réponses toutes nues, sans y mettre la sauce qu’on attendait de moi. J’ai donc rejeté Angers et l’An­jou pendant 10 ans, répétant qu’ailleurs, c’était mieux. C’était faux. Il était vrai qu’Angers était gris et mouillé par rapport à ce que j’avais connu! Mais c’était aussi un univers riche et beau, qui soutenait sans mal la comparaison avec ce que j’avais vécu, et qui aurait dû me réjouir et me passionner. Je ne m’en suis rendu compte qu’une vie après.

Dans le film, évidemment, je suis le beau héros, pur, magnifique, aux yeux bleus et transparents, mais je suis aussi Crapoux, qui fait tout de travers et crache sur ce qui est, en fait, son pays.

 

C’est donc cette idée qui vous a amené à développer l’univers esthétique du film, et non pas l’inverse...

Michel Ocelot: Oui, je suis parti d’une envie morale et contemporaine. Les images d’ailleurs, le ma­ghreb et la civilisation musulmane sont venus ensuite. Mais j’étais conscient depuis longtemps de l’inté­rêt de la brillante civilisation islamique du moyen age, sur un immense territoire. En tant que français, je considérais que je devais traiter d’abord du maghreb. C’est en effet le plus gros des décors et costumes, mais j’ai joué avec toutes sortes d’éléments qui me plaisaient, de l’andalousie à la Turquie, sans oublier un détour par la Perse.

 

Avant de revenir sur ces inspirations, je voudrais vous demander de détailler les différentes étapes du travail de six ans dont vous avez parlé...

Michel Ocelot: Il y a d’abord la conception: trouver son sujet et l’écrire. Quand j’ai défini un désir précis, cela va très vite. Pour Azur et Asmar, à partir du moment où j’ai envisagé les relations France-maghreb, j’ai pensé à des frères de lait, aux positions très tranchées – un riche, un pauvre – puis j’ai imaginé d’échanger les rôles en cours d’histoire. J’ai écrit le premier état du scénario en deux semaines. Ensuite, il faut se consacrer à un énorme travail de documentation et de dessin. Il y avait une centaine de personnages bien visibles, deux cents figurants, à établir. Je dessine les principaux modèles d’ani­mation, c’est à dire chaque personnage de face, trois-quarts, profil, trois-quarts dos, dos, plus quelques expressions et attitudes principales. Pour les personnages secondaires, je me fais aider. Nous nous ap­pliquons à être exacts, historiquement et géographiquement. Ce qui ne m’empêche pas de prendre des libertés par ailleurs, d’autant plus qu’il n’y a pas d’images du maghreb entre l’époque antique et le XVIème siècle, pour cause d’interdits religieux. Parallèlement, j’élabore tout le film sous la forme d’une bande dessinée, un storyboard, ou scénarimage, qui définit tout ce qui se passera à l’écran. Cela me prend un an. Le plus tôt possible au cours de cet établissement, j’invite des collaborateurs à participer à la mise en place de l’animation. Les 1300 plans du film sont définis chacun dans un dossier où l’on trouve le cadrage de l’image, les principales positions des personnages dans l’image, l’esquisse des décors, l’indi­cation des dialogues et les mouvements de caméra. Ce travail, avec une équipe réduite, a duré deux ans. Viennent ensuite la création des décors, puis la mise forme numérique des personnages, et l’animation proprement dite, qui a pris un an et en demie. Et on termine par la post-production, quelques mois...

 

Revenons au récit: vous inspirez-vous de certains contes lorsque vous faites intervenir des personnages comme la fée des Djins, le Lion écarlate ou l’oiseau géant, qui m’a fait penser à l’oiseau roc des voyages de Sindbad?

Michel Ocelot: Azur et Asmar ne s’appuie sur aucun conte. La fée des Djins est de mon invention, le Lion écarlate aux griffes bleues aussi. Pour les Djins, ma part d’invention est de les figurer précisément, figuration absente des images traditonnelles. Le Saïmourh, lui, est un oiseau mythique de contes per­sans. Il peut avoir d’autre noms, tel l’oiseau roc, comme vous le disiez. Le thème de l’oiseau énorme, qui peut transporter les gens, mais aussi les manger, revient souvent dans les contes. Celui que nous montrons sort directement de miniatures persanes. Il a été mis au point par Anne-Lise Koehler, la grande artiste qui a dirigé les décors. L’autre personne qui est là depuis le début, pour m’assister sur les personnages et les layouts, est Eric Serre. Il est devenu mon assistant-réalisateur, et travailler avec lui est un bonheur. Ces deux personnes exceptionnelles avaient déjà eu un rôle déterminant dans la réus­site de Kirikou et la Sorcière.

 

Comment avez-vous réuni la documentation sur les architectures, les plantes et la culture du maghreb, qui vous a servi à créer la plupart des environnements du film?

Michel Ocelot: Des livres, des livres et encore des livres! J’aime cela. J’ai un vrai plaisir à me plonger dans de beaux livres d’images, même sans alibi professionnel. Mais internet est désormais une autre source précieuse.

 

Vous êtes-vous inspiré aussi de certains chef-d´oeuvre pour créer les décors?

Michel Ocelot: Oui, je me suis servi des grandes mosquées d’Istanbul pour le final. Leur architecture d’ailleurs est inspirée de Sainte-Sophie, lieu de culte chrétien, tout se tient, et cela va avec le message du film. On reconnaîtra aussi des chef-d´oeuvre de l’andalousie, des pays du maghreb, des éléments de toute la côte sud et est de la méditerranée. Je tenais à ce que l’on se rende compte que les décors étaient faits à partir d’éléments réels. Je voulais dire aux gens: «Ces endroits merveilleux existent: allez les voir!».

 

Justement, êtes-vous allé les voir vous-même?

Michel Ocelot: Je ne suis jamais allé en andalousie et cela me manque! Mais je suis volontairement allé dans les trois pays du maghreb avant de mettre au point l’histoire.

 

Y êtes-vous allé avec un carnet de croquis à la main?

Michel Ocelot: Oui, mais surtout avec un appareil photo! Et j’ai en effet trouvé des idées sur place, quelquefois en me trompant. J’ai notamment photographié les figuiers de barbarie sous tous les angles, en me disant qu’ils étaient magnifiques et qu’ils feraient des fonds de décors très commodes. Mais j’ai découvert ensuite que ces plantes sont d’origine américaine, inconnues dans notre vieux monde au moyen age! J’ai donc dû arracher à regret tous les figuiers de barbarie que j’avais déjà imaginés dans les décors! Je me suis aussi penché sur les costumes de tout le moyen-orient.

 

Justement, comment avez-vous trouvé des sources iconographiques, puisque cette région a respecté l’interdiction traditionnelle de représenter les créatures de Dieu?

Michel Ocelot: En effet, on ne dispose d’aucun document maghrébo-andalou, à part des exceptions qu’on compte sur les doigts de la main. On y voit des sultans vêtus du costume traditionnel connu, bur­nous et turban. Rien ne semble avoir bougé. Les habits traditionnels féminins d’aujourd’hui évoquent encore ceux du temps des romains: ce sont des tissus drapés et retenus par des fibules. J’ai utilisé ces vêtements, avec une abondance de bijoux berbères. Les costumes des deux héros, en revanche, devaient avoir une allure féerique. Je les ai pris dans la civilisation persane, plus exactement l’époque séfévide, au XVIème siècle (Damas, Bagdad, l’Iran, avaient continué l’art des images). C’est une tricherie quant à l’époque, puisque l’histoire se passe au moyen age. La tricherie sur le lieu est moindre, je la justifie par la puissance de Jénane, devenue une grande marchande. Ses navires et ses caravanes sillonnent une partie du globe, et elle peut offrir à son fils la dernière mode d’Ispahan. Le principal, c’est que ce soit beau!

Voilà pour l’orient. Je me suis servi d’autre part de grandes sources européennes graphiques: ceux qu’on appelle absurdement «primitifs» flamands. Il n’y a pas moins primitif que ces hyper-civilisés à l’habi­leté diabolique. Van Eyck (l’Agneau Mystique) figurait à côté des miniaturistes séfévides, Jean Fouquet et les Frères de Limbourg (les Très Riches Heures du Duc de Berry) également. Changeant totalement d’époque, j’ai également emprunté des procédés graphiques aux affichistes de l’entre deux guerres, que j’apprécie beaucoup.

 

Avez-vous décidé d’emblée de ne pas sous-titrer les passages du film en arabe, pour mettre vos spectateurs dans la même situation que votre héros?

Michel Ocelot: J’ai pensé dès le début à l’obstacle des langues, car je voulais montrer l’état d’émigré, où la barrière du langage est une difficulté majeure. Ainsi, dans certains passages, je ne cherche pas à faire comprendre, pour qu’on se sente un peu perdu. Mais la plupart du temps, j’alterne les deux langues dans le dialogue, et une réponse renseigne sans équivoque sur la question. Je trouve aussi que cette absence de sous titres est une élégance... Et c’est également un cadeau que je fais aux enfants, entendre plusieurs langues. Je pense que c’est un évènement sonore séduisant.

 

En écrivant une histoire sur le respect de l’autre, sur la découverte d’autres cultures, sur les préjugés, avez-vous eu le souci de raconter une aventure utile?

Michel Ocelot: Oui. J’essaie de faire du bien aux gens avec ce film, de décontracter les deux commu­nautés. Je représente de belles personnes dignes, et espère donner de la dignité aux gens. Si les gens se sentaient sûrs d’eux, nobles, ils n’auraient pas besoin de détruire autour d’eux.

 

Pensez-vous que les contes réussis peuvent être racontés à des spectateurs adultes dont on sollicite le sens de l’émerveillement, et à des enfants auxquels on parle des choses importantes de la vie?

Michel Ocelot: Vous posez la question en connaissant la réponse! On m’a souvent demandé comment je faisais des films pour les enfants. Mon secret, c’est que je ne fais jamais de films pour les enfants, car les enfants n’ont rien à faire de films qui sont pensés uniquement pour eux! Les enfants ont besoin d’apprendre le monde, de découvrir de nouvelles choses. Ils n’ont pas besoin de rester en territoire connu, ni d’avoir une compréhension immédiate. Mes films sont faits pour toute la famille et je suis ravi de réunir tout le monde. Il y a certaines choses que je ne dis pas crûment, parce qu’il y a des enfants dans le public, mais je dis tout. Je ne peux pas faire un film qui ne m’intéresserait pas moi, aujourd’hui. Je suis mon premier spectateur, adulte et enfant, car j’ai tous mes âges en moi!

 

Vous présentez souvent de profil les plantes qui ont une structure géométrique. Est-ce que vous aimez cette dis­position, qui évoque les dessins des planches de botanique?

Michel Ocelot: Nous nous appliquons à être simples et exacts. Nous choisissons le point de vue le plus parlant, qu’il s’agisse des fleurs ou des personnes. Si je veux montrer un escrimeur, je le montre de profil, c’est beau et immédiatement compréhensible. De face, bras et épée disparaissent. La lisibilité et une certaine exactitude font partie du plaisir. Nous stylisons librement les fleurs, mais les botanistes et ceux qui ont fait la sieste dans l’herbe les reconnaîtront.

 

Les architectures orientales, avec leurs mosaïques, leurs vitraux, leurs arcades, font un usage saisissant de la répétition des motifs, de la symétrie. Vous utilisez vous aussi la symétrie dans certaines scènes du film, comme celle qui se déroule dans la cour du palais de la mère, ou celle du début, lorsque la nourrice tient Azur et Asmar sur ses genoux...

Michel Ocelot: La symétrie au début du film est nécessaire, parce que les deux enfants sont égaux. Il faut absolument qu’ils soient traités de la même manière. La nourrice le sait très bien et on le voit: si une part du gâteau mesure un millimètre de plus que l’autre, on proteste énergiquement! Mais il est vrai que j’aime aussi la symétrie, un certain équilibre, une certaine harmonie.

 

Comment a débuté la collaboration avec Nord-Ouest sur ce projet?

Michel Ocelot: J’ai essayé de nouvelles manières avec ce film. Une nouvelle technique, une nouvelle langue, une nouvelle histoire actuelle, et une nouvelle démarche de production, avec un producteur de vue réelle. Après diverses hésitations, j’ai proposé ce film à Christophe Rossignon, dont j’avais vu et ap­précié plusieurs productions. Il m’avait surtout été recommandé par Jacques Bled, une des rencontres providentielles de cet ouvrage: il est à la tête de Mac Guff Ligne, l’entreprise exemplaire d’animation numérique que j’avais choisie, et où j’ai eu toutes les satisfactions. Je pensais donc pouvoir bien com­muniquer avec cet homme de cinéma. L’entente avec Christophe Rossignon a dépassé mes espérances, un individu entier, généreux et passionné, entouré de collaborateurs hors pairs.

 

Pouvez-vous me parler du choix des comédiens, qui ont donné leurs voix à vos personnages?

Michel Ocelot: J’avais une directrice de distribution qui savait où trouver les personnalités, une assis­tante pour la partie arabophone, la comédienne Hiam Abbas (qui a ensuite prêté sa grande personnalité et sa voix au personnage fondamental de la nourrice), et un nombre impressionnant de comédiens, avec tout le temps qu’il fallait. J’avais donné comme indication «On ne cherche pas des vedettes, on cherche les voix qui correspondent à l’histoire». Quand c’étaient des gens connus, je ne le savais pas, car je faisais le premier tri à l’aveugle, sur enregistrement, pour ne pas me faire influencer par autre chose que par la voix, seul élément que j’utiliserai. J’ai ainsi désigné Patrick Timsit sans savoir son nom. J’ai sélectionné trois personnes par rôle important, j’ai alors rencontré les gens pour travailler avec eux, et choisir.

 

Comment avez-vous collaboré avec Gabriel Yared? Comment avez-vous décidé des passages où vous sentiez que la présence de la musique était nécessaire?

Michel Ocelot: J’ai tout de suite pensé à Gabriel Yared, un grand musicien de cinéma, et un grand musicien tout court. Il a le profil idéal, puisqu’il appartient aux deux côtes de la méditerranée, France et Liban. Je lui ai proposé le film, il a accepté tout de suite, car je pense que l’histoire lui a parlé. Outre le talent que je connaissais, j’ai découvert un homme de qualité, au delà de la musique, avec lequel tra­vailler est un privilège. J’avais déterminé les séquences où la musique s’imposait à moi, il était d’accord. Il y a rajouté quelques passages qui lui venaient naturellement. Quand les musiques de Gabriel sont arrivées sur mes images, c’était miraculeux: tout correspondait, avec l’addition d’une force qui n’était pas là auparavant. Par exemple, la séquence du Lion écarlate, au début, n’était qu’une péripétie sur le chemin des héros, mais la musique expose une valeur et une dignité qui me touchent profondément. Par contre, quand un dialogue a une importance particulière, le silence est préférable. Je ressens deux cho­ses dans la musique que Gabriel a écrite pour mon conte de fée: tantôt on est emporté irrésistiblement par une musique populaire, composée par un professionnel qui connaît tous les procédés d’un grand spectacle, tantôt on est touché par la délicatesse de sentiment d’un artiste doué et sincère.

 

Chaque film est une nouvelle aventure. Qu’avez-vous appris au cours de cette aventure-là?

Michel Ocelot: L’animation «française» est la troisième du monde en quantité, mais elle se fait ailleurs qu’en France, parce que c’est meilleur marché. Mais si on compte vraiment tout, tout, la différence est-elle si importante que cela? Que de dépenses annexes, que de retournages, que d’énergie gaspillée aux quatre coins du monde! Et que c’est bête d’avoir tant de talents, jeunes et vieux, dans le pays, et de ne pas les faire travailler! Et financièrement, n’est-il pas plus avantageux d’avoir un produit de qualité à vendre? Car j’ai atteint avec Azur et Asmar une qualité formelle que je pouvais pas obtenir autrement. Nous y sommes arrivés: j’ai fait TOUT le film dans la ville où je vis. TOUS les artisans de l’oeuvre étaient ensemble, se comprenaient, s’entendaient et se donnaient à cette création, du début à la fin. Le film a été livré à la date prévue, dans l’harmonie.

Peut-être le sent-on à l’écran...

Quelle: Französisches Presseheft

 

Ein Gespräch mit Michel Ocelot.

Mochten Sie die Märchen über „1001 Nacht“ als Sie ein Kind waren?

Michel Ocelot: Ich kannte sie nur vage. Ich besaß das Kinderbuch „Aladdin und die Wunderlampe“. Erst später habe ich die Übersetzung des gesamten Werkes gelesen, es war die bekannteste von Antoine Galland. Sie hatte großen Erfolg in Frankreich unter Louis XIV, ein Erfolg, der sich ausgehend von dieser französischen Version, in der ganzen Welt verbreitet hat. Es ging darum, dem Hof von Versailles zu gefallen, demnach war der Stil raffiniert und erinnerte nicht an die Einfachheit des Originals, aber hatte dennoch seinen Charme. Die allumfassende Schwärmerei hat nach der Veröffentlichung von Galland die arabische Welt erreicht, die sich niemals mit der Rezeption dieser beliebten Geschichten befasst hat, die jedoch die Originalversionen verfasst haben. Danach habe ich die zeitgenössische Übersetzung von Roger Khawam gelesen, die sich getreu an den Originalstil gehalten hat. Beide Versionen gefallen mir.

 

Wie ist Ihnen die Idee zu „Azur und Asmar“ gekommen?

Michel Ocelot: Einen animierten Spielfilm zu machen, heißt sich 6 Jahre seines Lebens einem Thema zu widmen. Es muss die Mühe wert sein. Das Thema, das mir am meisten am Herzen lag. Einerseits, all diese Leute, die sich hassen, die aufgezogen wurden, sich zu bekriegen. Andererseits, die Individuen der beiden Seiten, die dem nicht folgen, die sich schätzen, lieben, außerhalb dieser Barbareien. Das ist, was mich am meisten trifft. Ich habe zunächst an Frankreich und Deutschland gedacht, aber das Thema wurde bereits behandelt, und wir stehen so sehr in Frieden zueinander, dass ich nicht auf diese klägliche und längst vergangene Zeit zurückkommen wollte. Ich zog dann in Betracht, ein feindliches Land zu erfinden mit einer erfundenen Fremdsprache. Ein feindliches Land zu erfinden, welch traurige Idee! Eine erfundene Sprache, welch schlechte Idee, da eine echte Sprache so viel interessanter ist. Und ich habe an den Alltag in Frankreich und in der Welt gedacht. Es ging nicht mehr darum, einen deklarierten Krieg, sondern eine alltägliche Feindseligkeit zu behandeln, zwischen alten und neuen Bürgern und, um es noch weiter zu treiben, zwischen Okzident und dem mittleren Osten. Ich hatte mein Thema! Eine sehr aktuelle Realität, die in einem wunderbaren Märchen behandelt wird. Ich beobachte mit Traurigkeit und Wut die schlechte Eintracht, die künstlich ist. Ich kenne das Thema, ich selbst war dummerweise feindselig, anstatt glücklich zu sein: Tatsächlich, nach einer Kindheit in Afrika, in einer Kleinstadt, in einer kleinen Schule, befand ich mich in einer Großstadt in einem Werksgymnasium unter grauem Himmel. Ich kannte die Regeln nicht und wurde oft bestraft, obwohl ich der Unschuldigste dort war.

 

Wieso wurden Sie bestraft?

Michel Ocelot: Das habe ich vergessen! Ich erinnere mich daran, dass ich wegen Beleidigung bestraft wurde. Ich habe wahrscheinlich die nackte Wahrheit gesagt ohne sie zu beschönigen, was man von mir erwartet hat. Ich habe also 10 Jahre lang der Stadt Angers und der Region des Anjou den Rücken zugekehrt und woanders neu angefangen, wo es mir besser zu sein schien. Das war falsch. Es ist wahr, dass Angers im Vergleich zu dem, was ich kannte, grau und nass war, aber es war auch ein reiches und schönes Universum, das ohne Probleme den Vergleich mit dem, was ich durchlebt habe und was mich hätte erfreuen und leidenschaftlich packen sollen, stand hielt. Darüber bin ich mir nur durch dieses Leben dort bewusst geworden. In dem Film bin ich der schöne Held, pur, wunderbar, mit blauen und transparenten Augen, aber ich bin auch Crapoux, der die ganzen Fehler macht und das ablehnt, was ihn ausmacht, sein Land.

 

Es ist also diese Idee, die Sie das ästhetische Universum des Films hat entwickeln lassen und nicht umgekehrt...

Michel Ocelot: Ja, ich bin von einem moralischen und zeitgenössischen Verlangen weggekommen. Die Bilder von Maghreb und der islamischen Gesellschaft sind übrigens erst danach entstanden. Aber ich habe schon seit langer Zeit ein Interesse an der glanzvollen Epoche der islamischen Gesellschaft des Mittelalters, welche eine sehr große Ausbreitung hatte. Als Franzose überlege ich, dass ich den ursprünglichen Maghreb behandeln muss. Das sind in der Tat vor allem Dekoration und Kostüme, aber ich habe mit allen Elementen gespielt, die mir gefielen, aus Andalusien und der Türkei, ohne den persischen Einfluss außer Acht zu lassen.

 

Bevor sie zu diesen Inspirationen zurückkehren, würde ich sie gerne fragen, wie die verschiedenen Arbeitsschritte innerhalb der sechs Jahre, von denen sie geredet haben, im Detail verlaufen sind...

Michel Ocelot: Zuerst galt es, das Konzept zu dem Thema zu finden und zu schreiben. Als ich einen präzisen Wunsch definiert hatte, ging alles sehr schnell. Für „Azur und Asmar“, von dem Moment an als ich die Beziehung Frankreich-Maghreb ins Auge gefasst hatte, dachte ich an die von derselben Amme gestillten Brüder, an klar voneinander getrennte Welten – einer reich, der andere arm – dann stellte ich mir vor, die Rollen im Laufe der Geschichte zu vertauschen. Ich habe die erste Fassung dieser Geschichte in zwei Wochen geschrieben. Danach war es nötig, mit enormem Aufwand Dokumentationen und Zeichnungen zu erstellen. Es gab hunderte von kaum sichtbaren Figuren, zweihundert Statisten, die entwickelt werden mussten. Ich habe die grundlegenden Animationsmodelle gezeichnet, was genauer gesagt heißt, jede Figur von vorne, drei-viertel, im Profil, drei-viertel der Hinterseite, Rücken, dazu noch jeglicher Ausdruck und grundlegende Haltung. Für die Hintergrundfiguren habe ich mir helfen lassen. Wir haben uns Mühe gegeben, exakt, historisch und geografisch zu sein. Das hat mich nicht daran gehindert, mir woanders Freiheiten zu nehmen, zumal es aufgrund von religiösen Verboten keine Bilder des Maghreb aus der Antike und dem 16.Jahrhundert gibt.

Parallel dazu habe ich den ganzen Film in der Form eines Zeichenbandes, eines Storyboards erarbeitet, welches alles bestimmt, was auf der Leinwand passiert. Das hat mich ein Jahr Zeit gekostet. Im Laufe des Projekts habe ich so früh wie möglich die Mitarbeiter dazu eingeladen, bei der Animationsarbeit dabei zu sein.

Die 1300 Zeichnungen des Films sind alle in einer Akte festgelegt, wo man die Anpassung der Bilder findet, die grundlegenden Positionen der Figuren, die Skizzen des Hintergrunds, die Hinweise auf die Dialoge und die Bewegungen der Kamera. Diese Arbeit mit Hilfe eines kleineren Teams hat zwei Jahre gedauert. Danach kam die Erarbeitung des Hintergrunds, dann der zahlenmäßige Einsatz der Figuren und die Animationen selbst, die eineinhalb Jahre in Anspruch nahmen. Am Ende die Post-Produktion, einige Monate ...

 

Kommen wir zurück zur Erzählung: Haben Sie sich von bestimmten Märchen inspirieren lassen, wenn Sie Figuren eingreifen lassen, wie die Fee der Djins, den scharlachroten Löwen oder den Riesenvogel, welcher mich an den Vogel Roc aus den Reisen Sindbads erinnert?

Michel Ocelot: „Azur und Asmar“ hat keinen Bezug zu einem Märchen. Die Fee der Djins ist meine Erfindung, der scharlachrote Löwe mit den blauen Krallen auch. Wenn es um die Djins geht, dann ist mein Teil der Kreation die präzise Ausarbeitung, eine Figürlichkeit abseits der traditionellen Bilder. Saimourh ist ein mystischer Vogel aus den persischen Märchen. Er kann andere Namen haben, so wie der Vogel Roc, wie wir ihn nennen. Das Motiv eines riesigen Vogels, der Menschen tragen kann, aber jene auch frisst, kommt häufig in den Märchen vor. Derjenige, den wir zeigen, ist unmittelbar von persischen Miniaturen inspiriert. Er ist von Anne-Lise Koehler entwickelt, die großartige Künstlerin, die den Hintergrund geleitet hat. Die andere Person, die mir von Anfang an bei den Figuren und dem Layout geholfen hat, ist Eric Serre. Er wurde mein Regieassistent, und mit ihm zu arbeiten war ein Glück. Diese beiden außergewöhnlichen Personen spielten schon eine entscheidende Rolle beim Erfolg von „Kirikou et la Sorcière“.

 

Wie haben Sie es geschafft, die Aufnahmen von Gebäuden, Pflanzen und der Kultur des Maghreb zusammen zu bringen, die Ihnen geholfen haben, den Hauptteil des filmischen Rahmens zu kreieren?

Michel Ocelot: Bücher, Bücher und noch mehr Bücher! Ich liebe sie. Es war eine wahre Freude für mich, in die wundervollen Bilderbücher einzutauchen, sogar ohne das berufliche Alibi. Aber das Internet ist eine weitere wertvolle Quelle geworden.

 

Wurden Sie für Ihre Kulisse von bestimmten Sehenswürdigkeiten inspiriert?

Michel Ocelot: Ja, für den Schluss habe ich die großen Moscheen von Istanbul verwendet. Ihre Architektur ist übrigens von Saint-Sophie inspiriert, dem Ort christlichen Kultes, was mit der Botschaft des Films einhergeht. Man wird auch Sehenswürdigkeiten aus Andalusien wiedererkennen, aus Maghreb, Elemente der ganzen Südküste und des Mittelmeers. Ich wollte, dass man sich der Kulissen bewusst wird, dass der Hintergrund anhand von realen Elementen erarbeitet wird. Ich wollte den Leuten sagen: „Diese wunderbaren Orte existieren, schaut sie euch an!“

 

Haben Sie die Orte selbst gesehen?

Michel Ocelot: Ich war noch niemals in Andalusien und das fehlt mir! Aber ich habe mich dazu entschlossen, in die drei Länder des Maghreb zu reisen bevor ich die Handlung des Films festgelegt hatte.

 

Sind sie mit einem Skizzenbuch hingefahren?

Michel Ocelot: Ja, aber vor allem mit einem Fotoapparat. Ich habe tatsächlich Ideen vor Ort bekommen, manchmal durch Täuschungen. Ich habe insbesondere die Kaktusfeigen von allen Winkeln fotografiert und fand sie wunderbar und angenehm für den Hintergrund der Kulisse. Aber ich habe dann festgestellt, dass diese Pflanzen ursprünglich aus Amerika kommen und in unserer alten Welt im Mittelalter unbekannt waren. Ich musste dann leider die Kaktusfeigen aus meiner geplanten Kulisse streichen. Ich habe mich auch mit den Kostümen des mittleren Orients auseinandergesetzt.

 

Wie sind Sie zu den ikonografischen Quellen gekommen, wo doch die Region traditionell verbietet, Gottes Geschöpfe abzubilden?

Michel Ocelot: Tatsächlich verfügt man über kein maghreb-andalusisches Dokument, mit einigen Ausnahmen, die man an einer Hand abzählen kann. Man sieht dort Sultane, die in dem traditionell bekannten Kostüm eingekleidet sind, Burnus und Turban. Nichts scheint sich verändert zu haben. Die traditionelle weibliche Kleidung von heute erinnert an römische Zeiten: verhüllende Stoffe, zusammengehalten von einer Kleiderspange. Ich habe die Kleidung mit viel berberischen Schmuckstücken verziert. Die Kostüme der zwei Helden mussten dagegen feenhaft aussehen. Ich habe mich der persischen Kultur bedient, um genauer zu sein, der Sefevide-Epoche im XVI. Jahrhundert (Damas, Bagdad, Iran, sie kannten die Bilderkunst). Es ist eine Irreführung, was die Epoche angeht, da sich die Geschichte im Mittelalter abspielt. Die Irreführung mit dem Ort ist gering, ich rechtfertige sie mit der Macht von Jénane, die eine große Händlerin geworden ist. Ihre Schiffe und Karawanen durchziehen einen Teil des Globusses und sie kann ihrem Sohn die neueste Mode von Ispahan ermöglichen. Das wichtigste ist, dass es schön ist!

Was den Orient betrifft. Ich habe mich auch derjenigen umfangreichen Quellen der europäischen Grafiken bedient: Jene, welche man absurderweise „primitif flamands“ („primitive flämische Malerei“). Es gibt nichts weniger primitives als diese „Überzivilisierung“ der teuflischen Kunstfertigkeit.

Van Eyck (l´Agneau Mystique) erscheint an der Seite der Sefevide-Miniaturmaler Jean Foquet und die Gebrüder von Limbourg (les Très Riches Heures du Duc du Berry) auch. Ich habe die Epoche komplett verändert und auch grafische Verfahren von Werbegrafikern von zwei Kriegen übernommen, die ich sehr zu schätzen weiß.

 

Haben Sie sofort entschieden, Ihre Filmpassagen nicht mit arabischen Untertiteln zu versehen, um ihre Zuschauer in dieselbe Situation wie ihre Helden zu versetzen?

Michel Ocelot: Ich habe bereits zu Beginn die Sprachprobleme eingebaut, da ich einen Emigrationsstaat zeigen wollte, in dem die Sprachbarriere ein großes Problem darstellt. Daher versuche ich es erst gar nicht, manche Stellen verständlich zu machen, damit man sich ein wenig verloren fühlt. Aber größtenteils wechseln die Dialogsprachen und eine Antwort macht die dazugehörige Frage klar. Ich finde auch, dass die Abwesenheit von Untertiteln Eleganz darstellt... Und es ist zugleich ein Geschenk an die Kinder, mehrere Sprachen zu hören. Ich denke, es ist ein tolles Erlebnis.

 

Sie haben eine Geschichte über den gegenseitigen Respekt, über die Entdeckung neuer Kulturen, über Vorurteile geschrieben. Hatten Sie demnach die Absicht, ein brauchbares Abenteuer zu erzählen?

Michel Ocelot: Ja. Ich versuche den Menschen Gutes mit dem Film zu tun, beide Gemeinschaften zum Entspannen zu bringen. Ich zeige schöne und würdevolle Rollen und hoffe, den Menschen Würde zu vermitteln. Wenn die Menschen jene in sich fühlen, diese Edelleute, müssen sie sie nicht anderswo zerstören.

 

Glauben Sie, dass gelungene Geschichten in der Lage sind, sowohl erwachsene Zuschauer aber auch Kinder, mit denen man über die wichtigen Dinge des Lebens redet, in Entzückung zu versetzen?

Michel Ocelot: Sie stellen die Frage und kennen die Antwort! Man hat mich oft gefragt, wie ich Filme für Kinder mache. Mein Geheimnis ist, dass ich niemals Filme für Kinder mache, da Kinder nichts mit Filmen anfangen können, die nur für sie gemacht sind. Die Kinder müssen die Welt verstehen und neue Sachen entdecken. Sie sollen nicht auf gewohntem Territorium bleiben und auch nicht sofort verstehen. Meine Filme sind für die ganze Familie gemacht und es ist mir eine Freude, alle zusammen zuführen. Es gibt einige Sachen, die ich nicht schonungslos vorführe, weil es Kinder unter den Zuschauern gibt, aber ich sage alles. Ich kann heute keinen Film machen, der mich nicht interessiert. Ich bin der erste Zuschauer, Erwachsener und Kind, da ich alle Altersgruppen in mir vereine.

 

Sie zeigen oft Pflanzen, die eine geometrische Struktur haben. Mögen Sie diese Anordnung, die durch die Zeichnung dieser Pflanzen hervorgerufen wird?

Michel Ocelot: Wir versuchen einfach, aber genau zu sein. Wir wählen den anschaulichsten Standpunkt, bei dem es um Pflanzen oder Personen geht. Wenn ich einen Fechter zeigen will, zeige ich sein Profil, was schön und sofort nachvollziehbar ist. Gesicht, Arme und Schwert verschwinden.

Die Lesbarkeit und eine gewisse Exaktheit waren Teil des Vergnügens. Wir stilisieren die Blumen frei, aber Botaniker und diejenigen, die ihren Mittagsschlaf auf der Wiese halten, werden sie erkennen.

 

Die orientalische Architektur mit ihren Mosaiken, ihren Fenstern und Arkaden, ist durchdrungen von Motivwiederholungen, durchdrungen von Symmetrie. Sie benutzen auch die Symmetrie innerhalb bestimmter Filmszenen, wie jene, die sich im Hofe des Palastes der Mutter abspielt, wenn die Amme Azur und Asmar auf ihren Knien hält...

Michel Ocelot: Die Symmetrie am Anfang des Films ist notwendig, da die beiden Kinder gleich berechtigt sind. Sie müssen absolut auf die gleiche Art und Weise behandelt werden. Die Amme kennt sie sehr gut und man sieht: Falls ein Stück Kuchen ein bisschen größer als das andere abgemessen wurde, würde energisch protestiert! Aber es ist außerdem wahr, dass ich die Symmetrie liebe, eine bestimmte Ausgeglichenheit, eine gewisse Harmonie.

 

Wie hat die Zusammenarbeit mit „Nord-Ouest“ angefangen?

Michel Ocelot: Ich habe eine ganz neue Art und Weise bei dem Film ausprobiert. Eine neue Technik, eine neue Sprache, eine neue aktuelle Geschichte, eine neue Art der Produktion, mit einem Produzenten mit wirklichem Einblick. Nach langem Zögern habe ich den Film Christophe Rossignon vorgeschlagen, von dem ich viele Produktionen gesehen habe und den ich sehr schätze. Er wurde mir vor allem von Jacques Bled empfohlen, eine der unverhofften Begegnungen bei dieser Arbeit: Er ist der Chef von Mac Guff Ligne, einem vorbildlichen Unternehmen für digitale Animationen, die ich ausgewählt habe und die mich zufrieden gestellt haben. Ich war der Ansicht, gut mit diesem Mann aus der Filmbranche kommunizieren zu können. Die Zusammenarbeit mit Christophe Rossignon hat all meine Erwartungen übertroffen, ein Mensch, so vollkommen gutherzig, leidenschaftlich, umgeben von Mitarbeitern seinesgleichen.

 

Können Sie mir über die Auswahl der Schauspieler, die ihre Stimme den Figuren leihen, etwas erzählen?

Michel Ocelot: Ich hatte eine Leiterin, die sich um die Besetzung gekümmert hat, die wusste wo man die Personen findet, eine Assistentin für den arabisch klingenden Teil, die Schauspielerin Hiam Abbas (die danach ihre großartige Persönlichkeit und ihre Stimme der wichtigen Figur der Amme geliehen hat) und eine beeindruckende Zahl an Schauspielern mit all der Zeit, die sie brauchten. Ich hatte eine Angabe gemacht „Wir suchen keine Stars, wir suchen Stimmen, die zu der Geschichte passen“. Dass sie bekannte Menschen waren, das wusste ich nicht, denn ich habe die erste Auswahl blind getroffen, nur über Tonaufnahmen, denn ich wollte mich von nichts anderem als der Stimme beeinflussen lassen, das einzige Element, das ich brauchte. Also habe ich Patrick Timsit ausgewählt ohne seinen Namen zu kennen. Ich habe drei Personen für jede Hauptrolle ausgewählt, mich danach mit den Leuten getroffen um mit ihnen zu arbeiten, und mich für einen entschieden.

 

Wie kam es zur Zusammenarbeit mit Gabriel Yard? Wie haben sie entschieden, an welchen Stellen des Films der Einsatz von Musik als wichtig erscheint?

Michel Ocelot: Ich habe sofort an Gabriel Yard gedacht, ein großer Musiker des Kinos und ein großartiger Musiker im allgemeinen. Er hat das perfekte Profil, da er zu zwei Küsten des Mittelmeers gehört, zu Frankreich und dem Libanon. Ich habe ihm den Film vorgeschlagen, er hat sofort zugesagt, denn ich glaube, dass die Geschichte ihm zugesagt hat. Unter dem Talent das ich kannte, fand ich einen Mann mit Qualitäten, über die Musik hinaus, mit welchem zu Arbeiten ein Privileg ist. Ich habe die Szenen bestimmt, in denen die Musik für mich wichtig war, er war mit ihnen einverstanden.

Es kamen noch diejenigen Passagen dazu, die erst während der Arbeit entstanden sind. Als die Musik von Gabriel zu meinen Bildern kam, das war magisch: alles passte, es kam eine Kraft hinzu, die vorher nicht da war. Zum Beispiel die Szene mit dem scharlachroten Löwen, am Anfang, die kein Wendepunkt in der Handlung der Helden bedeutete, aber die Musik zeigt einen Wert und eine Würde, die mich tiefgründig bewegt hat. Im Gegensatz dazu ist bei einem Dialog, der besonders wichtig ist, die Stille zu bevorzugen. Ich empfand zwei Dinge in der Musik, die Gabriel für mein Märchen geschrieben hat: Zum einen ist man unaufhaltsam von einer bekannten Musik mitgerissen, die von jemandem komponiert wurde, der weiß wie man große Spektakel inszeniert. Zum anderen ist man von der Feinfühligkeit der Gefühle eines begabten und ehrlichen Künstlers berührt.

 

Jeder Film ist ein neues Abenteuer. Haben sie vom Ablauf dieses Abenteuers etwas gelernt?

Michel Ocelot: Animationen aus Frankreich sind in Punkto Quantität auf Platz drei in der Welt, aber sie werden außerhalb Frankreichs hergestellt, weil es dort preiswerter ist. Aber wenn man wirklich alles mitrechnet, alles, ist dann die Differenz wirklich so wichtig? Nur Kosten, nur Rückzahlungen, vergeudete Energie überall! Und es ist dumm, so viele junge und alte Talente in einem Land zu haben und sie nicht arbeiten zu lassen!

Und ist es aus finanzieller Sicht nicht viel vorteilhafter, ein Produkt mit Qualität zu verkaufen? Denn ich habe mit „Azur und Asmar“ eine hohe Qualität erreicht, die ich anders nicht erreicht hätte. Wir konnten das so erreichen: Ich habe den GANZEN Film in der Stadt gemacht, in der ich lebe. ALLE Mitarbeiter an diesem Werk waren beisammen, sie haben sich verstanden, sind miteinander zurecht gekommen und haben sich diesem Werk hingegeben, von Anfang bis Ende. Der Film wurde zum geplanten Termin fertig gestellt, in Harmonie.

Vielleicht spürt man das auch auf der Leinwand...

Übersetzung von Astraia Brenda Narayan und Fee Buck

 

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